octobre 22, 2026
PROCHES AIDANTS : COMMENT LES ÉPAULER PENDANT L’HIVER CANADIEN
L’hiver canadien met chacun à l’épreuve, surtout les proches aidants, confrontés à des défis bien particuliers. Bon nombre de ces complications exigent un effort collectif de notre part pour réduire les risques auxquels s’exposent les proches aidants. Que vous soyez vous-même proche aidant ou que vous accompagniez l’un d’eux, rassemblons-nous pour mieux nous préparer cet hiver. Et même si vous croyez n’en connaître aucun, votre communauté en compte assurément : sa sécurité dépend aussi, en partie, de vous.
Quels risques guettent les proches aidants en hiver?
Trottoirs glissants : des risques pour le proche aidant et la personne aidée
L’hiver met avant tout la mobilité à l’épreuve. La glace et la neige qui recouvrent les trottoirs, les escaliers et les entrées constituent un danger pour tous. Les allées mal entretenues entraînent souvent des glissades et des blessures chez les personnes utilisant une aide à la mobilité, ainsi que chez leurs proches aidants. Ces derniers se blessent souvent en tentant d’empêcher une chute, et la glace, susceptible de se former à tout moment, aggrave ce risque.
Dans la plupart des municipalités canadiennes, chaque résident a l’obligation de déneiger son trottoir. Or, la logistique complique souvent le déneigement en temps voulu. Les communautés doivent donc s’entraider pour maintenir les trottoirs sécurisés. Votre voisin doit s’absenter? Déneigez son trottoir à sa place. Un voisin a des difficultés de mobilité? Prenez de ses nouvelles et aidez-le à trouver une solution pour déneiger ses allées. Un proche aidant vit dans votre quartier? Offrez-lui votre aide pour qu’il puisse entrer et sortir de chez lui en toute sécurité en compagnie de la personne qu’il soutient.
Pelleter la neige comporte aussi des risques
Chaque année, des milliers de personnes se blessent en déglaçant et en déneigeant leur cour. Ces blessures vont de l’élongation musculaire à la crise cardiaque. Les proches aidants peuvent être tentés de pelleter avec minutie, même lorsque leur état de santé est précaire. Veillez à ce que les membres de votre famille ne surestiment pas leurs capacités physiques. S’il le faut, embauchez quelqu’un pour s’occuper du déneigement ou achetez une souffleuse à neige ; vous réduirez ainsi les risques. Si vous habitez dans les environs, vous pouvez les aider en déneigeant à leur place.
Le manque d’activité physique
Les activités hivernales restent souvent inaccessibles aux proches aidants comme aux personnes qu’ils accompagnent. Sortir de la maison pour se rendre à un centre communautaire ou à un centre d’entraînement représente un véritable défi en hiver, surtout lorsqu’il faut composer avec un dispositif d’aide à la mobilité. Les personnes aidées peuvent avoir besoin d’aide pour s’habiller, ce qui demande un effort physique aux proches aidants. En fauteuil roulant ou en triporteur, beaucoup sentent le froid les gagner en quelques minutes et doivent écourter leur temps à l’extérieur. Pour certaines personnes aidées, le froid devient carrément intolérable. Bref, l’hiver complique grandement les sorties des proches aidants.
Par conséquent, bien des proches aidants délaissent leur propre activité physique durant la saison froide, au détriment parfois de celle de la personne aidée. L’entourage peut intervenir en coordonnant les déplacements, en proposant un moyen de transport ou en prenant le relais afin de leur accorder du répit. Garder la forme en hiver exige un effort de chacun et pour le proche aidant, le défi est d’autant plus grand.
Le trouble affectif saisonnier
Plus on vit au nord, plus on est exposé au trouble affectif saisonnier (TAS). Avec le raccourcissement des jours, nous perdons notre principale source naturelle de vitamine D, et notre horloge biologique se dérègle. Comme d’autres formes de dépression, ce trouble se traduit par de l’épuisement ou une baisse d’énergie, une humeur maussade, une perte d’intérêt pour les activités courantes et une tristesse générale sans raison précise. Il s’installe habituellement à l’automne, quand les heures de clarté diminuent, puis s’estompe au printemps. Déjà soumis à un stress accru, les proches aidants courent un risque accru de dépression et de troubles de santé mentale. Hélas, l’hiver accentue la pression liée à leur rôle.
Brisez le tabou entourant l’impact du manque de luminosité sur la santé mentale : chacun en bénéficiera. Pensez à offrir au proche aidant une lampe de luminothérapie spécialement conçue pour le TAS et incitez-le à en parler à son médecin de famille s’il se reconnaît dans ces symptômes. Comme pour toute dépression, l’exercice et le plein air font du bien. Que vous lui offriez du répit, un moyen de transport ou votre simple compagnie : chaque geste qui l’aide à sortir et à bouger contribuera à rendre l’hiver moins long.
L’isolement social, surtout pendant le temps des fêtes
En hiver, on passe naturellement plus de temps à la maison. Bon nombre d’entre nous entretiennent néanmoins une vie sociale riche en allant au restaurant, en rendant visite à des amis ou en participant à diverses activités. Pour les proches aidants, en revanche, les conditions de déplacement compliquent les sorties, si bien que l’hiver accentue souvent leur isolement.
Pour bien des proches aidants, le temps des Fêtes devient une période éprouvante. Magasiner des cadeaux ou se rendre à une réunion chez des amis leur paraît difficile, voire hors de portée. Lorsque la personne aidée est gravement malade, la tristesse s’installe et elle souvent accompagnée de la crainte que ces Fêtes comptent parmi les dernières passées ensemble.
La communauté peut ici changer la donne pour les proches aidants et les personnes qu’ils accompagnent. Voici quelques gestes pour qu’ils ne soient pas oubliés durant les Fêtes :
- Proposez de célébrer chez eux, s’ils le souhaitent : occupez-vous de tout, du ménage aux rafraîchissements, pour qu’ils n’aient qu’à profiter du moment.
- Invitez vos voisins proches aidants, même si vous les connaissez peu.
- Offrez-vous pour installer les décorations des Fêtes chez eux.
- Privilégiez des restaurants accessibles, avec un stationnement à proximité, pour vos rassemblements en public.
- Assurez-vous qu’ils puissent aller magasiner si cette activité fait partie de leurs traditions des Fêtes et si la personne aidée le peut, prévoyez une autre sortie avec elle.
- Pensez à leur rendre visite autour d’un thé, à planifier un appel Zoom ou à leur accorder un moment de répit.
- Si un proche aidant de votre entourage accorde une place importante à sa pratique religieuse pendant les Fêtes, facilitez sa participation. Bien des organismes confessionnels soutiennent les familles confrontées à des circonstances particulières et les intègrent à leurs célébrations.
L’hiver n’a pas à être long et sombre
Au Canada, l’hiver peut aussi revêtir un caractère magique. Ces mois nous rapprochent souvent de ceux que nous aimons. Les communautés canadiennes doivent donc se mobiliser autour des proches aidants de leur entourage afin que tous goûtent à cette magie, à commencer par celles et ceux qui donnent tant aux autres.