août 4, 2026
Les petits dépenses qui s’accumulent dans l’aide aux proches aidants au Canada
Lorsqu’on pense au coût financier lié à l’aide aux proches aidants, on imagine généralement les grosses dépenses : équipement médical, rénovations domiciliaires ou soins de longue durée. Toutefois, chez la plupart des proches aidants, de petites dépenses qui s’accumulent créent plutôt la pression financière : le plein d’essence supplémentaire, le repas à emporter entre deux rendez-vous, les frais de stationnement, et bien d’autres. Ces frais passent souvent inaperçus.
Les dépenses du quotidien font rarement les manchettes, mais elles s’additionnent vite. Selon le Conference Board du Canada, les proches aidants s’occupant de personnes âgées dépensent en moyenne 5 800 $ par an de leur poche pour soutenir leurs êtres chers. Il ne s’agit pas d’une seule grosse dépense, mais de dizaines de petites dépenses qui s’accumulent au fil de l’année. Ce blogue explore ces dépenses cachées ainsi que les façons d’y faire face au Canada.
Les déplacements pour se rendre aux rendez-vous
Le transport est souvent le premier coût caché que remarquent les proches aidants. Conduire un proche à ses rendez-vous médicaux, aller chercher des ordonnances ou faire des courses qu’il ne peut plus gérer lui-même oblige à passer plus de temps au volant. Ces déplacements font grimper les dépenses en essence, en usure du véhicule et en stationnement. À l’hôpital ou à la clinique, les petites visites peuvent finir par coûter cher en raison du stationnement, surtout lorsque les rendez-vous s’éternisent ou se multiplient au cours d’une même semaine.
De plus, les dépenses grimpent si un proche habite loin ou si l’on doit recourir aux taxis ou aux services de covoiturage pour lui offrir de l’aide, faute de pouvoir conduire. Il suffit de multiplier des frais de stationnement de 10 $ ou 15 $ par semaine pour voir à quelle vitesse le montant peut s’accumuler chez le proche aidant moyen.
Les rendez-vous sont coûteux
Au-delà du transport et du stationnement, les rendez-vous médicaux comportent aussi des dépenses, que ce soit les ordonnances, les séances de physiothérapie, les consultations chez des spécialistes et les services privés comme les préposés aux services de soutien à la personne. Cela dit, ils peuvent tous peser sur le budget familial du proche aidant, surtout chez les familles qui n’ont pas de couverture santé. Selon les recherches, seule une petite proportion des proches aidants profite d’un soutien financier par crédits d’impôt fédéraux, et à peine 6 % reçoivent de l’aide par des programmes gouvernementaux. Bien des familles doivent donc composer avec ces coûts en grande partie seules.
Les repas, les fournitures et les petites dépenses du quotidien
Aider un proche transforme aussi les dépenses courantes du ménage. Les repas préparés, les aliments à des fins diététiques particulières ou les repas de dépannage sur lesquels comptent les proches aidants lorsqu’ils manquent de temps pour cuisiner viennent tous s’ajouter à la facture d’épicerie. Par ailleurs, les fournitures ménagères, qu’il s’agisse d’articles d’épicerie, de médicaments en vente libre ou de produits de nettoyage, sont faciles à négliger jusqu’à ce qu’elles deviennent une dépense mensuelle récurrente et imprévisible.
En outre, les articles d’accessibilité peuvent représenter une dépense importante pour les proches aidants qui soutiennent une personne ayant des problèmes de mobilité ou de santé. Les barres d’appui, les sièges de douche, les dispositifs d’aide à la mobilité et les modifications domiciliaires comme les rampes ou les mains-courantes ont toutes un prix. Parfois, elles ne sont pas couvertes par les assurances ou les régimes provinciaux de santé. Même lorsque le système de santé public couvre l’essentiel, bien des proches aidants constatent que les appareils fonctionnels, les prothèses auditives ou les aides visuelles ne sont pas financés par l’État, ce qui force les familles à payer la différence.
Mieux se préparer permet d’alléger la pression
En d’autres mots, l’aide à un proche ne doit pas devenir un jeu de devinettes financier. Voici quelques habitudes pratiques qui peuvent faciliter la préparation en famille :
- Suivez vos dépenses. Il peut s’avérer utile de tenir un registre des achats liés aux soins, que ce soit dans une appli de notes ou un tableur, surtout si vous faites une demande pour obtenir des crédits d’impôt ou des prestations. Ce registre peut aussi révéler des habitudes qui passent inaperçues.
- Renseignez-vous sur la couverture santé. Les régimes provinciaux de santé, les avantages sociaux offerts par l’employeur et les programmes d’organismes sans but lucratif couvrent parfois plus de frais que ne le croient les familles, que ce soit dans les prêts d’équipement de mobilité ou les subventions au transport.
- Informez-vous sur les ressources locales. Les organismes communautaires, les associations de proches aidants et les travailleurs sociaux des hôpitaux peuvent souvent faire connaître des aides méconnues comme les comptoirs de prêt d’équipement ou les programmes de transport à tarif réduit.
- Mettez un peu d’argent de côté, si possible. Épargnez votre argent, même s’il s’agit d’un montant modeste destiné aux dépenses liées aux soins. Cette habitude peut réduire le stress lié aux dépenses imprévues.
- Parlez à d’autres proches aidants. Les groupes de soutien et les communautés en ligne de proches aidants regorgent souvent de conseils pratiques qui, tirés de l’expérience réelle, aident à mieux gérer un budget consacré aux soins.
Aider un proche est un geste d’amour, mais ce geste ne devrait pas compromettre le bien-être financier d’une famille. Il est important de reconnaître ces coûts du quotidien et de les planifier avant qu’ils ne s’accumulent : c’est l’une des mesures les plus concrètes que les proches aidants peuvent prendre pour se protéger, eux et leurs proches.
Si vous devez composer avec les aspects financiers de l’aide à un proche, sachez que vous n’êtes pas seul. Cliquez ici pour en savoir plus sur le soutien et les ressources offerts aux proches aidants canadiens.