mai 4, 2026

Le rôle émergent de la robotique dans le domaine des soins à domicile: avantages et risques

L’imaginaire collectif associe souvent les robots soignants à des humanoïdes rutilants qui aident les aînés à se déplacer. Il est vrai que si certaines entreprises de robotique travaillent dans cette direction, la réalité d’aujourd’hui est bien différente : elle ressemble davantage à des appareils intelligents et à des machines conçues pour épauler les proches aidants dans des tâches bien précises.

À savoir que les aides robotisées ne s’adressent pas qu’aux personnes aisées et elles vont bien au-delà du simple confort. Dans bien des cas, elles protègent les proches aidants contre l’épuisement et les blessures physiques. Certains outils deviennent même de plus en plus accessibles, même si des barrières persistent. Ce blogue examine comment la robotique et la technologie peuvent alléger le quotidien des proches aidants.

Robotique et soins : pourquoi cette alliance devient essentielle

Au Canada, 8 millions de personnes assument le rôle de proche aidant. Beaucoup d’entre elles font face chaque jour à des tâches à la fois complexes et physiquement éprouvantes : transférer un proche du lit au fauteuil roulant, veiller aux chutes la nuit, gérer les médicaments ou prendre en charge des soins de plaies. Dans un établissement de santé, ces responsabilités seraient confiées à des équipes formées qui se relaient. À domicile, elles tombent bien souvent sur une seule paire d’épaules à toute heure du jour et de la nuit.

Les répercussions physiques sont bien connues : lombalgies, douleurs chroniques et troubles immunitaires frappent les proches aidants bien plus souvent que le reste de la population. Le poids psychologique est tout aussi lourd. Selon plusieurs études, 40 et 70 % d’entre eux souffrent d’épuisement. C’est face à cette réalité que les outils robotiques commencent à s’imposer comme une réponse concrète dans le domaine des soins.

Les principaux usages de la robotique dans les soins aux proches

Meilleur sommeil : La robotique offre aux proches aidants quelque chose d’inestimable : la possibilité de dormir toute une nuit. Les systèmes de surveillance nocturne, qu’il s’agisse de simples capteurs ou de plateformes robotiques sophistiquées, assurent un suivi des mouvements, détectent les chutes et surveillent la respiration. Le proche aidant n’est alerté que si une intervention s’impose vraiment. Pour ceux qui vivent sur le qui-vive depuis des mois, ce type de supervision change la donne.

Aide au levage et aux transferts : Soulever la personne aidée est la cause la plus fréquente de blessure chez les proches aidants. Les robots d’aide au levage et les équipements de transfert réduisent les efforts physiques, protégeant ainsi les deux parties, mais surtout le proche aidant. Malgré tout, nombreux sont ceux qui tardent à les adopter : par habitude, par manque d’information ou par souci financier. Ces appareils sont accessibles à partir d’environ 250 $ pour un dispositif mécanique de base et jusqu’à 2 000 $ à 5 000 $ pour un lève-personne motorisé.

Gestion des médicaments : La peur de se tromper de dose ou d’oublier un médicament pèse lourd sur de nombreux proches aidants. Les robots de gestion médicamenteuse s’en occupent : ils stockent, trient et distribuent les doses au bon moment et ils envoient une alerte si une prise est oubliée. En confiant cette tâche à un système fiable, les proches aidants réduisent le risque d’erreur et une bonne part de leur anxiété.

La controverse autour des robots de compagnie

Les robots de compagnie se distinguent des aides physiques en proposant un soutien d’ordre psychologique, social et émotionnel. Ces robots offrent à l’être cher de la conversation, de la stimulation cognitive et des interactions affectives. Ils allègent ainsi la pression que ressentent les proches aidants, soit celle d’être toujours présents et de bonne humeur même lorsqu’ils sont épuisés et à bout de souffle. Or, la culpabilité de manquer de patience ou d’entrain est une réalité pour beaucoup. Le proche aidant peut donc prendre une pause quand le robot prend le relais.

Il y a matière à réflexion avant de recourir à une automatisation fondée sur la relation, qu’il s’agisse d’un chatbot ou d’un outil conçu pour l’accompagnement des patients. Les préoccupations liées à la vie privée sont au premier plan, surtout lorsqu’on utilise des chatbots comme ChatGPT. Mais d’autres préoccupations s’y ajoutent. Certains craignent que l’automatisation serve à masquer les inégalités systémiques et le manque d’accès aux ressources, permettant aux entreprises du secteur des soins de maximiser leurs profits au détriment du lien humain. D’autres s’interrogent sur les implications, encore mal connues, de confier des interactions à caractère humain à des outils pilotés par l’intelligence artificielle. Par ailleurs, ces solutions ne sont pas accessibles à tous. Si certains outils automatisés de base restent abordables, un grand nombre d’entre eux demeurent trop chers pour la grande majorité des proches aidants.

Ces questions méritent d’être prises au sérieux. Reste que face au vieillissement de la population et aux défis que cela représente pour les proches aidants, il est devenu indispensable d’avoir recours à la technologie.

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